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Liens:

- Evaluation 2007 et Programme agricole 2008 de YNW
- Max Havelaar Fr
- Ecocert

Version: 1.0
(mai, 2008)

L'expérience de Y N W dans le Commerce équitable...

Confrontée pendant plusieurs années à l’absence de marché intéressant pour le coton bio, Pronat a orienté la fédération vers le commerce équitable qui semblait offrir de nouvelles opportunités. En effet, le système de FLO (Max Havelaar) propose un meilleur prix que le marché conventionnel, mais il présente plusieurs limites pour l’organisation de base :

  • Les coûts de certification sont élevés et donc difficilement pris en charge par les petites organisations ;
  • L’achat au producteur n’est pas pré-financé et les recettes de la vente du coton reviennent à la base après de longs délais (la production 2005 a été payée à la fédération en février 2007) ;
  • Le circuit commercial du produit n’est pas porté à la connaissance du producteur, qui n’a aucune idée des marges réalisées par les intermédiaires ;
  • Alors que l’utilisation de la prime sociale n’est pas officiellement conditionnée dans les standards, elle le devient lorsque FLO propose à la fédération de l’utiliser pour payer les frais de certification ;
  • FLOCert a une approche par produit, et non par organisation ou par filière, qui privilégie l’exportation de matière première au détriment de la transformation locale. A Koussanar, l’organisme certifie uniquement le coton au lieu de considérer comme équitable l’ensemble des produits bruts et transformés de la fédération. Pourtant c’est la démarche qui est équitable et non le produit ;
  • Le prix fixé par FLOCert pour le coton-graine ne prévoit pas les coûts de suivi et de certification qui sont à la charge de la fédération. Dans un système où la fédération doit nécessairement vendre son coton-graine à la société cotonnière car elle ne dispose pas de préfinancements pour payer les services d'égrenage, la marge réservée à l'encadrement revient à la société qui vend la fibre ;
  • Les exigences de la certification (basées sur des concepts du Nord) ne sont pas toujours adaptées au contexte socio-économique africain. FLOCert exige à la Fédération qui est constituée de 95 % d’analphabètes que chaque groupement fournisse la documentation prouvant le fonctionnement démocratique et équitable de l’organisation ;
  • Il n’existe pas de normes internationales pour le CE, on trouve donc différents cahiers des charges selon l’organisme de certification. Par exemple, à Koussanar le fonio était certifié Bio-Equitable par ECOCERT, dont le principal reproche est de ne pas faire appliquer les règles du CE à l’entreprise française qui achète la production (structure du prix non détaillée, emballages ne retraçant pas l’origine du produit et publicité mensongère,…) Ce qui accentue le déséquilibre des rapports de force entre le Nord et le Sud. Finalement, la relation entre la fédération et cette entreprise s’est soldée par une séparation suite à la baisse de la production de fonio.
  • Néanmoins, en dehors de toutes ces contraintes, l’entrée, depuis 2004, de la fédération Yakaar Niani Wulli dans les procédures de certification équitable a eu un impact positif sur son organisation sociale :

    1.La fédération a obtenue sa reconnaissance juridique d’association ;

    2.Elle fonctionne désormais de manière très démocratique, avec un organe décisionnel fort ;

    3.L’achat au producteur se fait dans une grande transparence ;

    4.Toutes les activités de l’organe exécutif sont documentées.

    La Fédération Yakaar Niani Wulli est la première association (depuis 2006) a produire du coton Bio-Equitable au Sénégal !

    Depuis plus d’un an, Enda, avec d’autres partenaires, cherche à mettre en place un système de certification moins coûteux, adapté aux réalités africaines. Plusieurs ateliers ont réunis des producteurs et transformateurs de différents secteurs (agro-alimentaire, artisanat, plantes médicinales) autour de l’élaboration d’une des acteurs au CE, reposant sur une plate-forme des valeurs sénégalaises. Cette charte a été validée au niveau national et présentée à d’autres pays africains à l’occasion du SIAO et du dernier sommet de Nairobi (nov 2006)